Publié le 20 Décembre 2025

Les dernières estimations disponibles au 1er janvier 2025 donnent un ordre de grandeur très lisible : la France compte 30,9 millions de résidences principales et environ 3,9 millions de logements classés F ou G, soit 12,7 % du parc. La tendance est orientée à la baisse : environ 327 000 logements F/G en moins en un an, et 836 000 en moins depuis 2023. Derrière ces chiffres, il y a plusieurs phénomènes qui s’additionnent : des rénovations réelles, des corrections méthodologiques, et des effets de structure (petites surfaces, types de logements, énergies de chauffage).
Pour les diagnostiqueurs, ces données sont un marqueur de marché. Elles confirment que la pression sur les classes F et G reste forte dans le parc locatif privé (13,8 % de passoires, soit environ 1,1 million), tandis que les propriétaires occupants concentrent encore une part très importante des logements concernés (14,0 %, soit environ 2,5 millions). Le parc social apparaît nettement moins exposé (5,8 %, environ 0,3 million). Cette répartition pèse directement sur les demandes : locations bloquées ou tendues, arbitrages vente/travaux, et contentieux potentiels quand une étiquette devient un sujet de décence ou de loyer.
2026 en ligne de mire : un changement de calcul peut déplacer des seuils
Un point ressort déjà des analyses techniques associées à ces estimations : la révision annoncée du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire, applicable au 1er janvier 2026, aurait un impact massif sur la cartographie des étiquettes. Les projections évoquent environ 700 000 résidences principales qui sortiraient de la catégorie F/G, avec un taux de passoires qui passerait autour de 10,4 % au lieu de 12,7 % à parc constant. Autrement dit, une partie des “sorties” viendra d’un changement de règle, et non d’un chantier.
Sur le terrain, cette perspective crée un effet d’anticipation. Certains propriétaires vont vouloir sécuriser un dossier avant une mise en location ou une vente, d’autres vont attendre la bascule pour éviter une étiquette pénalisante. Dans les deux cas, la qualité du DPE devient centrale : méthode, cohérence des données d’entrée, traçabilité des éléments déclarés, et lisibilité du rapport pour un non-spécialiste. Quand une classe se joue à la marge, la moindre incohérence peut déclencher une contestation, une renégociation, ou une remise en cause du calendrier.
Ces statistiques 2025 ne sont donc pas un simple bilan. Elles donnent une lecture utile de la suite : un volume encore élevé de logements en F/G, une exposition forte dans le locatif privé, et un calcul DPE qui continue d’évoluer. Dans ce contexte, un dossier solide repose sur une règle simple : produire des diagnostics exploitables, compréhensibles et cohérents avec la réalité du bien, surtout quand l’étiquette influence directement une décision immobilière.